Sarrogna
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SARROGNA

Sarrogna, Sarrumniacurn, Sarruniacum,Sarroniacum, Saroniacus, Sarregny

Dans un val accidenté que ferment à l'est et à l'ouest deux chaines parrallèles de montagnes d'un aspect sévère et silencieux, se cachent les trois villages de Sarrogna, Villeneuve et la Villette. Deux étymologies se présentent pour expliquer le nom de Sarrogna: celle de Saronia, surnom de Diane chasseresse, et celle de Saronis, chêne, d'où vint la qualification de Saronides, donnée aux druides pour exprimer le voeu qu'ils faisaient de passer leur vie parmi les chênes les plus vieux et les plus cassés. Aucune contrée n'est plus mythologique dans le Jura que celle qui s'étend d'Orgelet à Arinthod. Les monuments celtiques y sont aussi nombreux que les croyances populaires qui ont survécu aux vieilles superstitions gauloises. Un ancien chemin, communiquant de la ville d'Héria et de Mauriana à Arinthod, venait aboutir à Sarrogna où elle a conservé la dénomination de Vie Blanche. Le chemin d'Orgelet à Arinthod et à Isernore traversait aussi ce village et passait au pied du chateau de la Villette. Il est désigné sous le titre de via publica dans une donation faite par Hugues, fils de Fromond de Dramelay, à la chartreuse de Vaucluse.

Entre le vieux château de Villeneuve et Sarrogna, on remarque des retranchements très importants en terre et pierre, appelés les Forts Sarrazins. Ils consistent en une éminence artificielle de forme circulaire, ayant 40m de diamètre et 4m de hauteur, entourée par un fossé de 7m de largeur et de 2m de profondeur et ressemble aux mottes de Montmarlon et de Vers-en-Montagne. Nous croyons voir dans ces travaux de petits oppida dans lesquels les populations gauloises cherchaient un refuge en temps de guerre. A côté, sont plusieurs salles voûtées qui ont conservé le nom de Vieux-Fours.

Dans le lieu dit au Tour, entre Sarrogna et Chambéria, on trouve une grande quantité de tuileaux à rebords, de laves calcinées et de débris de constructions romaines. Dans le voisinage et surtout dans le lieu dit à la Tepinière, on rencontre une multitude de tombeaux en dalles qui renferment des squelettes humains ayant la tête tournée au nord. Ils ne contiennent point d'armes, mais on y a recueilli plusieurs monnaies impériales. Un tumulus de 15m de diamètre et de 2m de hauteur se voit au sud-est du village. On en compte 3 autres d'une dimension moindre, épars sur différents points du territoire. Sur la montagne de Beffrand, entre Sarrogna et Nermier, au milieu de la forêt de Courailloux, s'élevaient deux fortins, l'un dit le grand-fort et l'autre le petit-fort. On en reconnait encore les vestiges près de la Fontaine au chevalier. A quelle date remontaient-ils? On l'ignore.

Le premier titre qui mentionne Sarrogna est une charte par laquelle Anséric, archevêque de Besançon, donna l'autel de ce village à l'abbaye de Saint Claude (1117 à 1134). Villeneuve, Villa nova, figure dans plusieurs documents du XIIe siècle. La Villette, Villula dont le château bâti suit une éminence qui s'avançait comme un promontoire entre 2 vallées, protégeait la route d'Orgelet à Arinthod, a dû exister à l'époque romaine et se reformer dès les premiers temps de la féodalité.

Seigneurie de Villeneuve: Elle comprenait le village de ce nom, la moitié de Sarrogna et des meix épars à Faverges, la Villette et les lieux environnants. Le seigneur n'avait sur ses sujets que la justice moyenne et basse, la haute justice appartenant au seigneur d'Orgelet. De ce fief dépendaient un château-fort, 4 forêts banales, des corvées, des lods sur les mutations d'immeubles, le tiers des dîmes et des redevances en argent, en grains , en poules, et en chevreaux. Les habitants avaient le droit de couper du bois pour leur chauffage dans les forêts de la seigneurie et pouvaient même y opérer des défrichements, à charge de payer un droit de tâche, fixé au dixième des droits des grains récoltés.

Seigneurs: Jean, sire de Viremont, est le premier seigneur connu de Villeneuve. Il vivait en 1268, et eut pour successeur Etienne de Viremont, son fils. Poly, fils d'Etienne de Viremont, écuyer, se qualifiait de seigneur de Villeneuve en 1357. Philippe son fils, écuyer, filt hommage de son fief, en 1390, au seigneur d'Orgelet, et légua sa fortune à Claudine de Montrichard, son épouse, qui se remaria en 1423 à Pierre de Quingey. Cette dame vendit Villeneuve, quelques années après, à Claude de la Baume, comte de Montrevel, Vallefin, Présilly, Beaulieu, Pellapucin, Beauregard, qui transmit ce domaine à ses successeurs. Claude de la Baume, baron de Mont-Saint-Sorlin, maréchal de Bourgogne, le vendit sous faculté de rachat, en 1533, à Jean Lallemand, baron de Bouclans, qui subrogea à ses droits le 31 août 1538, Jean de Vaudrey.

Après la mort du maréchal de la Baume, Claude de la Baume, archevêque de Besançon, et François de la Baume ses fils, chargèrent Claude de la Villette de rembourser, en leur nom, le baron de Bouclans ou M de Vaudrey, et de reprendre possession de Villeneuve (1557). Antoine, fils  de françois de la Baume, en fit hommage en 1583 au seigneur d'Orgelet et, peu d'années après, il vendit cette terre à Benoît Charreton, seigneur de Chassey. La famille Grivel de Perrigny, l'aliénèrent le 30 décembre 1715 à Eléonore-Bénigne-François du Pasquier, qui l'unit définitivement à sa seigneurie de la Villette.

 

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